Google et Microsoft tiennent bon!

gafam

Encore et encore les GAFAM font preuve de résistance indépendamment de la conjoncture. Microsoft et Google (Alphabet) ont pourtant fait un peu moins bien que prévu. Manifestement les analystes, y compris moi-même, s’attendaient à une mauvaise surprise à la suite de la récession. Qui dit récession, dit baisse d’activité économique, donc baisse des recettes publicitaires. Dans les semi-conducteurs Texas Instruments a publié beaucoup mieux que prévu et c’est une bonne nouvelle pour l’ensemble du secteur. Maintenant c’est le tour du Meta et Amazon ou une déception est encore plus probable. Meta structurellement et dans une transformation profonde et Amazon devrait subir les conséquences de la récession. J’attends une baisse d’Amazon pour compléter ma position qu’est descendue sur la troisième place dans mon allocation d’actifs. Par ailleurs j’attends également les résultats de Rio Tinto et Qualcomm – les deux entreprises sont dans mon portefeuille également.

(Sources: Bloomberg, Saxo Bank)

Réunion de la FED

Les investisseurs attendent avec impatience la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale mercredi. Tout écart par rapport à la hausse des taux d’intérêt largement télégraphiée de 75 points de base provoquerait des convulsions sur les marchés. Les signaux de la déclaration et du président Jerome Powell sur la manière de démêler le nœud gordien d’une inflation élevée et d’un risque de récession croissant sont également cruciaux. Un déluge de bénéfices des entreprises pourrait également alimenter la volatilité : les entreprises américaines et européennes d’une valeur de plus de 9 400 milliards de dollars publieront des chiffres jeudi. Pour l’instant, la croissance trimestrielle à deux chiffres des revenus et une pointe d’optimisme de la société mère de Google, Alphabet, Microsoft et Texas Instruments, ont contribué à atténuer le pire de la morosité du marché baissier.

L’enjeu de la réunion de ce soir de la Réserve Fédérale américaine (Fed) n’est pas de savoir si l’ampleur de la hausse des taux sera de 75 points de base ou de 100 points de base (un temps anticipé par le marché monétaire). L’enjeu est de savoir quand la Fed va mettre un terme à son cycle de durcissement de la politique monétaire. La réponse du marché : en février 2023 (c’est à ce moment-là que le consensus des analystes prévoit une première baisse des taux). La réalité est évidemment plus complexe. Cela dépendra de l’évolution de l’activité économique (la première estimation du PIB au deuxième trimestre pourrait réserver une mauvaise surprise ce jeudi) et de la baisse de l’inflation (l’inflation sous-jacente baisse mais faiblement.

La Fed sous-estime la boucle prix-salaire ce qui pourrait la conduire à durcir beaucoup plus les taux sur le court terme). Il est évidemment peu probable que la Fed donne des indications précises concernant le rythme d’appréciation des taux (et encore moins concernant la fin du cycle actuel). Le forward guidance (qui a permis de mieux anticiper les décisions de politique monétaire depuis 2008) a été jeté aux oubliettes en juin dernier lorsque la Fed a augmenté ses taux de 75 points de base alors que Jerome Powell avait martelé jusqu’au dernier moment plaidé pour une hausse de 50 points de base. Il va être de plus en plus difficile de croire sur parole les banquiers centraux. Cela signifie plus de volatilité et des marchés financiers plus erratiques, en général.

Guerre du Gaz

Le Kremlin est susceptible de maintenir les flux de gaz vitaux vers l’Europe à des niveaux minimaux tant que l’impasse sur l’Ukraine se poursuit, augmentant la pression sur l’Union européenne en raison de sa position ferme sur l’invasion de la Russie. Si la pression se prolonge en hiver, elle pourrait laisser le continent désespérément à court de carburant. Publiquement, la Russie affirme que des problèmes techniques l’ont forcée à réduire ses approvisionnements ces dernières semaines. Mais en réalité, le Kremlin utilise les perturbations du pipeline Nord Stream pour faire monter la pression politique sur les dirigeants européens afin qu’ils reconsidèrent les sanctions, ont déclaré des personnes familières. Alors que l’Union européenne prévoit de réduire l’utilisation du gaz naturel de 15 % pendant l’hiver, de graves pénuries d’énergie pourraient mettre en péril l’unité du bloc.

Les Etats membres de l’UE sont tombés d’accord sur la nécessité de réduire leur demande de gaz de 15% entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023. Chaque Etat est libre de mettre en place les mesures qu’il juge viables pour atteindre cet objectif. Plusieurs exemptions et possibilités de dérogation sont prévues : si un Etat membre n’est pas interconnecté aux réseaux de distribution de gaz d’autres Etats membres, si les réseaux électriques ne sont pas synchronisés avec le système électrique européen et s’ils ont des interconnexions limitées avec d’autres Etats membres (dérogation dans ce cas de figure). Pendant ce temps, les prix de l’énergie continuent de bondir : les contrats à terme sur le gaz au niveau européen ont atteint leur plus haut niveau depuis le 9 mars 2022 et le prix de l’électricité à livraison dans un an a atteint un record pour la France hier. L’hiver sera rude. Il va falloir se préparer à la sobriété énergétique.

Chine-US et Taïwan

Le président Joe Biden s’entretiendra jeudi avec le dirigeant chinois Xi Jinping dans un contexte de nouvelles tensions à propos de Taiwan. La première conversation entre les deux présidents depuis mars aura lieu à un moment particulièrement difficile pour les relations américano-chinoises : le personnel de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi et les responsables de la sécurité n’excluent pas son intention de se rendre à Taïwan – que la Chine considère comme faisant partie de son territoire – début août. Les responsables américains ont souligné que l’appel de Xi serait une continuation des efforts de l’administration pour maintenir des lignes de communication ouvertes afin de s’assurer que la relation ne dégénère pas en conflit involontaire.

Statistiques économiques

L’économie américaine continue de ralentir. L’indice d’activité nationale de la Réserve Fédérale de Chicago (qui est suivi de près par les économistes en tant qu’indicateur avancé pour l’économie des Etats-Unis) a chuté à -0.19 en juin. L’estimation pour le mois de mai a été révisée à la baisse à -0.19. En outre, l’indice manufacturier de la Réserve Fédérale de Dallas a chuté lourdement en juillet, à -22.6 (le niveau le plus bas depuis mai 2020) contre -17.7 en juin. Les nouvelles commandes sont en baisse également à -9.2 (plus bas niveau depuis mai 2020) contre -7.3 en juin. Nous saurons jeudi si la croissance du PIB est négative au deuxième trimestre (attention, le chiffre du PIB est régulièrement révisé, pendant plusieurs années !).

A venir

Les résultats d’entreprises sont nombreux demain : Microsoft, Meta, Bristol-Myers Squibb (secteur pharmaceutique aux Etats-Unis), Qualcomm, Equinor (pétrole et éolien en Norvège), GSK, ServiceNow (logiciels), Rio Tinto, Mondelez (agroalimentaire), Boeing, Airbus, 3M (conglomérat américain propriétaire de Scotch), Kering (ventes soutenues par les touristes en Europe, en particulier les Américains, favorisés par le dollar fort), Humana (assurances dans la santé aux Etats-Unis), Mercedes-Benz, Ford Motor, Kraft Heinz (agroalimentaire), BASF (chimie), Worldline (en ligne avec les objectifs, certainement), Saint Gobain (la demande pourrait être pénalisée par la hausse soutenue des prix des produits), Teleperformance (confirmation des objectifs annuels de marge opérationnelle, a priori) et Danone.

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